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Biographie d’Eugène Oreste De Maurizi

        Eugène Oreste de Maurizi est né à Toulon le 27 juillet 1897 d’un père Italien, artiste peintre décorateur, qui interviendra sur de nombreux sites prestigieux de la cote d'azur. Sa mère était d’origine Suisse. Il apprend très tôt le piano et le violon au conservatoire. Fasciné par son père artiste, il étudie à l’École des Beaux-Arts parallèlement à ses études musicales. Il réalisera toutes les couvertures de ses partitions à l'encre de Chine. Attiré par le voyage et la découverte du monde, Eugène Oreste exploitera également ses talents de dessinateur et de peintre en réalisant de nombreuses aquarelles témoignant de chaque étape de ses voyages.

        Soldat français de parents étrangers, Oreste a effectué son service militaire sous les drapeaux français de 1917 à 1919 au 32e Régiment d’Infanterie. A son retour, il épouse Marcelle Cognée, une jeune châtelleraudaise, le 10 août 1920. De cette union naîtra leur fille unique, Andrée. Le 3 juillet 1923, la famille De Maurizi est naturalisée française.

       Oreste décide alors de vivre de la musique en s’installant à Paris, rue Étienne Jodelle dans le 18e arrondissement. Oreste s'occupera de la décoration de leur appartement parisien, influencé par l'héritage paternel et les courants artistiques de l'époque.À Paris, ils côtoyèrent de nombreux artistes dont Salvador Dali, Maurice Chevalier. Oreste décide très vite de se mettre à la composition tout en donnant des cours de musique. Il écrit des pièces dansantes –pasodobles, foxtrots, valses (…) pour des orchestres de kiosque qui jouent pour des bals populaires en vogue entre les deux guerres. Il garde un rapport singulier avec les musiques populaires d’Europe centrale que s’approprient les musiciens tziganes. Marcelle collabore à son travail en s’occupant de la gestion administrative de ses compositions. Ils créent leur propre édition musicale et enregistrent quelques 78 tours avec plusieurs orchestres quelque fois dirigés par Oreste sous le pseudonyme de Bob Stanley. Marcelle était aussi musicienne, elle a eu une formation de pianiste et composait les paroles pendant qu’Oreste s’occupait des orchestrations en utilisant ses connaissances des instruments à cordes. Les textes qu’elle écrit s’inspirent souvent des poésies de Pouchkine . Ils tentent de traduire le sens authentique des chansons qu’ils récoltent au fil de leurs voyages en Europe centrale. Afin de préserver et de travailler à la recomposition de ces musiques, ils ont effectué de  nombreux enregistrements  sur bandes magnétiques . Pour les paroles, Marclle s’inspirent du sens des chansons russes populaires du début du 20e, Otchi Tchornye, Chiokerly, Deux Guitares,des Csardas hongroises et des danses roumaines populaires issues des musiques ethniques de Transylvanie.

      À la fin de leurs vies, Oreste et Marcelle laissent plus de 60 partitions formant la Collection Tzigane qui se compose de Csardas, Horas, Sarbas, inspirée de musiques hongroise, russe, roumaine,grecque, serbe (…) Ces morceaux ont été écrits pour quintette à cordes et piano (violon,violoncelle, contrebasse et piano) et sont issus des voyages où il a su se rapprocher de célèbres violonistes tziganes comme Gabor Radics.     Il nous reste quelques témoignages sur disques 78 tours de ces orchestrations que nous venons de numériser. Ces musiques de Transylvanie mettent l’accent sur d’authentiques scènes de la vie quotidienne, musiques qui ont pour certaines contribué aux succès de chanteurs et musiciens populaires célèbres tel que Charles Aznavour avec les Deux Guitares.

      Ils ont aussi laissé un patrimoine musical exceptionnel avec une collection musette de 121 partitions composées pour des orchestres de bals populaires, de véritables orchestrations de Foxtrots, Valses, Rumbas, Pasodobles, Tangos (...) de plus, 28 partitions manuscrites n'ont encore jamais été édité.

         Oreste décède le 8 octobre 1969 en laissant la gestion de ces oeuvres à son épouse Marcelle et sa fille Andrée. Ils garderons toujours une attache profonde avec leur famille d’accueil qui s’occupera de Marcelle  jusqu’à son décès à Châtellerault en 1997. C'est eux qui gère désormais ce patrimoine musical avec beaucoup de coeur et d'émotions.